Mon enfance et l'absence d'un père

On dit souvent que l'enfance est le temps de l'insouciance, ce qui est vrai. 

Mon enfance a été très heureuse, élevé uniquement par ma mère j'ai eu un début de vie facile car même si je n'avais que ma mère, mes grands parents étaient présents et toujours a nos côtés. Ils ont été d'une grande aide pour nous deux. 

Je ne ressentais pas le besoin d'un père car j'avais mon grand père a mes côtés dans les bons comme dans les mauvais moments.

Je me souviens que l'on dansait ensemble, il m'apprenait beaucoup de choses concernant sa vie et le passé de la famille, je sentais qu'il voulait que je fasse perdurer tout cela, nous étions en train de tisser un lien devenu indestructible aujourd'hui.

Ma grand mère quant à elle était la douceur incarnée, la gentillesse pure. Elle s'occupait tellement bien de moi, se souciait de mon bien être. J'avais aussi avec elle un lien fort et unique.

Je passais des étés entiers à leur côtés car ma mère travaillait énormément. J'en ai des souvenirs pleins la tête.

Ma mère est une personne aimante, protectrice. Elle m'a toujours fasciné sur le fait qu'elle s'occupait de tout, toute seule. C'est une femme forte et indépendante, elle a été et elle est toujours mon modèle. 

Mais revenons au sujet dont je souhaite vous parler dans cet article : l'absence d'un père.

Je n'ai jamais eu l'amour d'un père, l'amour qui d'après ce que je vois et de ce que l'on m'a raconté est une chose indescriptible. 

Quand je parle d'insouciance au début de cet article, il est vrai que si nous ne connaissons pas cet amour dès la naissance, nous ne pouvons pas savoir ce que cela fait au plus profond de nous. 

Pour moi tout était normal, seule avec ma mère et mes grands parents. 

Tout en y réfléchissant j'aurais bien sur aimé avoir le soutient d'un papa, ce côté masculin et paternel qui peut rassurer une petite fille, mais si j'avais eu tout cela, est ce que je serais la même aujourd'hui ? 

Pour ma part, je pense que toutes ces péripéties de la vie, forgent la personne que nous sommes.

Mon père a essayé de reprendre contact plusieurs fois, il est même venu habiter chez nous pendant un an. Il pensait que tout allait se passer comme si de rien n'était mais j'avais a cette époque 13 ou 14 ans et rien ne pouvait y faire, ni un cadeau ni un câlin n'a pu faire naître un quelconque sentiment entre lui et moi. Cela me rendait totalement mal a l'aise. Jusqu'au jour où il est parti pour aller rejoindre je ne sais qui, je ne sais où.

A ce moment là j'ai ressenti un grand soulagement dans mon esprit et dans mon coeur, car je savais que j'étais entouré de personnes aimantes et qui ne m'abandonneraient pas du jour au lendemain. 

A ce jour, je n'ai aucun contact avec lui, je crois parfois le croiser dans la rue, mais aucun mot et aucun regard. Cela ne me blesse pas, je me dit que tout cela était écrit, je ne serais peut-être pas la personne que je suis aujourd'hui.